Choisissez le travail à réaliser et la surface : vous obtenez le dosage chaux et sable en volume, les kilos de chaque composant, l’eau de gâchage et la traduction en seaux sur le chantier.
De quoi gâcher et appliquer
Sélection adaptée au volume de mortier et au travail que vous avez choisis.
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Quel dosage chaux sable pour un enduit
La maçonnerie traditionnelle ne raisonne pas en kilos mais en volumes, et cette habitude a une bonne raison : sur le chantier, on mesure au seau, pas à la balance. Le dosage s’écrit donc sous la forme d’un rapport, une volume de chaux pour tant de volumes de sable.
Trois dosages couvrent la quasi-totalité des travaux. Le gobetis, la couche d’accrochage projetée directement sur la pierre, se dose à 1 pour 1 : il doit coller à tout prix. Le corps d’enduit, qui fait le volume et rattrape les creux, se dose à 1 pour 2,5. La finition descend à 1 pour 3,5, et c’est volontaire.
Cette dégressivité obéit à une règle ancienne qui n’a jamais été démentie : chaque couche doit être moins dure que celle qui la porte. Une finition plus riche que son support se rétracte davantage, ne peut pas se déformer, et se décolle en plaques. On appelle cela l’enduit qui sonne creux, et il n’existe pas de réparation partielle.
| Couche | Dosage en volume | Épaisseur | Rôle |
|---|---|---|---|
| Gobetis | 1 pour 1 | 5 mm | Accrocher sur la pierre |
| Corps d’enduit | 1 pour 2,5 | 15 à 20 mm | Faire le volume, dresser le plan |
| Finition | 1 pour 3,5 | 5 à 8 mm | Aspect, teinte, protection |
| Hourdage de moellons | 1 pour 3 | joints épais | Assembler la pierre |
| Jointoiement | 1 pour 2,5 | 2 à 4 cm | Regarnir un joint dégradé |
Quelle chaux choisir
La désignation NHL suivie d’un chiffre indique la résistance à vingt-huit jours en mégapascals. Ce chiffre ne mesure pas une qualité mais une compatibilité : plus la chaux est dure, moins elle convient à une pierre tendre.
- CL 90, chaux aérienne : la plus souple, elle durcit lentement au contact du gaz carbonique de l’air. Réservée aux finitions, aux badigeons et aux pierres tendres, à l’abri de la pluie battante.
- NHL 2 : faiblement hydraulique, pour l’intérieur, le tuffeau et les pierres calcaires tendres.
- NHL 3,5 : la polyvalente, celle qu’on prend par défaut pour un corps d’enduit extérieur ou un hourdage courant.
- NHL 5 : fortement hydraulique, pour les soubassements, les pieds de mur exposés aux remontées et les zones battues par la pluie.
Le tort le plus fréquent sur une bâtisse ancienne consiste à sortir le ciment gris pour aller plus vite. Un enduit ciment sur un mur de pierre bloque l’évaporation. L’humidité qui montait auparavant à travers l’enduit reste piégée dans le mur, gèle en hiver et fait éclater la pierre par l’intérieur.
Le sable compte autant que la chaux
Un mortier de chaux tient par l’imbrication des grains, pas seulement par le liant. Un sable de rivière propre, à granulométrie étalée de 0 à 4 mm, donne un mortier qui se travaille bien et qui ne fissure pas. Un sable trop fin réclame plus d’eau, donc plus de retrait. Un sable argileux, reconnaissable au voile trouble qu’il laisse dans un verre d’eau, empêche la chaux d’adhérer aux grains.
Pour une couche de finition, tamisez le sable à 2 mm. Les cailloux de trois ou quatre millimètres se voient sous la taloche : ils roulent et laissent une traînée en creux qu’on ne rattrape plus.
La teinte de la finition vient du sable, jamais d’un pigment ajouté à la volée. C’est pour cela qu’on prélève traditionnellement le sable dans une carrière locale : l’ocre d’un enduit provençal et le gris d’un enduit breton sont deux sables, pas deux recettes.
Gâcher et appliquer
Un mortier de chaux se gâche plus longtemps qu’un mortier ciment, cinq bonnes minutes, et avec moins d’eau qu’on ne le croit. Il doit tenir sur la truelle retournée sans couler. Trop mouillé, il glisse du mur et se rétracte en séchant.
Le support se mouille abondamment avant chaque couche, la veille pour un mur très absorbant. Une pierre sèche pompe l’eau du mortier en quelques minutes et empêche la chaux de faire prise : l’enduit devient poudreux et se raye à l’ongle.
Enfin, la chaux demande du temps. Comptez vingt-quatre à quarante-huit heures entre le gobetis et le corps d’enduit, une semaine entre le corps et la finition, et un mois avant de juger la teinte définitive. Un chantier de chaux mené au rythme d’un chantier ciment donne un résultat médiocre, quel que soit le dosage.
Questions fréquentes sur le mortier de chaux
Quel dosage chaux sable pour un enduit ?
1 volume de chaux pour 1 de sable en gobetis, 1 pour 2,5 en corps d’enduit et 1 pour 3,5 en finition. Chaque couche doit être plus maigre que la précédente.
Combien de chaux au mètre carré d’enduit ?
Environ 5 kg par m² pour un corps d’enduit de 18 mm dosé à 1 pour 2,5, auxquels s’ajoutent 28 kg de sable.
Quelle chaux pour un mur en pierre ?
La NHL 3,5 pour un usage courant en extérieur, la NHL 2 sur pierre tendre et la NHL 5 en soubassement exposé aux remontées d’humidité.
Peut-on faire un enduit chaux en une seule couche ?
Non sur pierre. Il faut au minimum un gobetis d’accrochage et un corps d’enduit, la finition restant facultative en intérieur.
Quelle différence entre chaux aérienne et chaux hydraulique ?
L’aérienne durcit au contact de l’air et reste souple, l’hydraulique fait prise avec l’eau et durcit davantage. La première va en finition, la seconde en extérieur exposé.
Combien de temps entre deux couches d’enduit à la chaux ?
Vingt-quatre à quarante-huit heures entre gobetis et corps d’enduit, environ une semaine entre corps d’enduit et finition.